Les Éditos d’Anne

l’Édito d’Anne /13

      « Et la culture dans tout ça ?

Élection présidentielle, spectacle à ne pas manquer ! Représentations uniques les 22 avril et 7 mai.

Demandez le programme ! Il faut bien tendre l’oreille pour entendre nos onze candidats causer de la culture. Dans ce fatras de propositions, on a bien du mal à reconnaître ses petits ! Comme la culture est notre choix, notre vie, j’ai du fouiner beaucoup pour trouver ce que nous proposent ces beaux parleurs. Voici donc un concentré de leurs programmes en matière de culture.

Mais, d’abord, c’est quoi la culture aux yeux de nos présidentiables ? Number one : le patrimoine ! Tous mettent en avant le sujet, ça ne mange pas de pain, c’est consensuel et c’est propre sur soi.

Number two : l’éducation ! Oui, mais à la bibliothèque. Obligatoire dés le CP pour Benoit Hamon, ouverture plus tardive pour Emmanuel Macron, numérique pour Nathalie Arthaud, histoire et culture pour Marine Le Pen, identité européenne pour François Fillon, artistique et numérique pour Jean-Luc Mélanchon. Jusque-là, rien de neuf pour éveiller notre appétit !

Allons voir du côté des projets, peut-être y a-t-il quelque chose à se mettre sous la dent, qui sait ?

Musée gratos le dimanche pour Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Luc Mélanchon. Tiens, ils ne sont pas aux extrêmes ces deux là ? je croyais ! Plus de sous pour le budget culture avec 2 % du PIB pour Jacques Cheminade, 1 % du PIB pour Mélanchon, un tirage loto pour Dupont-Aignan pour accompagner les actions pour le patrimoine. Oui, oui, ça c’est une idée ! 4 milliards de plus pour la culture et « rue libre » programmation hors-les-murs entre acteurs culturels et habitants pour Hamon. Ça, c’est une idée qu’elle est neuve ! Associations et festivals ne le font pas depuis des années ?

Circulation des artistes pour Macron avec un Erasmus. Projets européens patrimoine et histoire pour Fillon, et : + 25 % de budget pour la culture, merci Marine !

Et pour finir le plus rigolo des projets, c’est la fête : fête de la philo, de la musique, des sports pour Jean Lassalle. Tiens, ça faisait longtemps qu’on nous n’avait pas servi culture et sport dans la même assiette. Les anciens de la Rue Blanche s’en souviennent, pas vrai ? Réseaux de proximité pour tous pour Philippe Poutou, ça vous rappelle pas un certain Malraux ?

Et côté intermittents, ça dit quoi ? Sont nommés pour le maintien du statut des intermittents du spectacle : Fillon, Dupont-Aignan, Le Pen, Cheminade. Chacun y a mis son grain de sel mais la soupe a le même goût fadasse. Ne se sont pas prononcés sur le sujet : tous les autres.

Voilà les grandes lignes de la culture de demain. Si comme moi, vous n’avez pas tout compris, la dernière représentation sera en mai. Réservation souhaitée, car il n’y aura pas de place pour tout le monde.

Anne Nathan – Avril 2017
Contact mail : anne.nathan.b@gmail.com

 

l’Édito d’Anne /12

 « Voyage

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais avoir de nouveaux yeux » (Marcel Proust).

Pas si loin de la France, le Maroc. Quoi de plus vivant que le théâtre pour s’approcher de l’esprit d’un peuple. Animée de cette curiosité lors d’un séjour, j’ai découvert des spectacles bien étonnants et courageux.

Ici, à Casablanca, le théâtre est bien vivant et populaire aussi car les thèmes abordés ont la couleur de la mémoire collective. Musiques, gestes, expressions vont droit au coeur des Marocains, un peu comme cette drôle de langue où arabe et français s’entremêlent. Fusion de cultures !

Le spectacle commence dans la salle, on retrouve sa famille, ses amis, on rentre, on sort, on est heureux d’être rassemblés pour rire de tout. Des femmes voilées ou pas, des couples, des ados réunis pour un moment de joie.

Loin des contraintes sociales, le théâtre est ici un lieu de parole interposé. Pas besoin même de connaître le sujet de la pièce, on y va sans a priori, on écoute, on regarde, on se reconnait dans telle ou telle réplique, on réagit, on cause, on se regarde. La salle fait caisse de résonance. Parler des transsexuels ou de la liberté de choix des femmes existe, oui mes amis. Le public est nombreux et il rit de bon coeur sur ces sujets épineux.

Cette culture du Maghreb est souvent oubliée, pourtant, elle est vive et acerbe. La tradition est le socle du récit, espace de mémoire collective où peut se glisser la réflexion, la critique. Ici des hommes habillés en femmes chantent des airs populaires en détournant le sens du langage « Kabareh CheiKhats », là un acteur seul en scène nous plonge dans les arcanes tolérantes du Soufisme, là encore des femmes dévoilent leur intimité au hammam, « À mon âge, je me cache pour fumer ». Cette pièce écrite par l’Algérienne, Rayhana, actrice et metteur en scène, est un bijou de paroles de femmes. Réalisé par l’auteur, la pièce est d’ailleurs devenue un film qui va sortir au cinéma le 27 avril 2017 grâce à une coproduction France, Grèce et Algérie.

À voir absolument pour garder les yeux ouverts sur le monde !

 

l’Édito d’Anne /11

« Jour de fête

C’était la fête de notre école, le lundi 30 janvier, et nos coeurs étaient pleins de joie.

La journée a débuté par une douce lecture vagabonde « Nina ? (Épilogue) » d’une auteure issue de notre école, Sabine Tamisier. Dix acteurs du conservatoire  et de l’ENSATT ont échangé leurs voix pour un monologue rythmé et délicat concocté par Françoise Viallon-Murphy. Joli voyage vers « La Mouette » de Tchekov.

Le soir, il y avait beaucoup de monde, et même notre cher Michel Bouquet et sa femme étaient là.

Après un discours chaleureux de Bertrand Lacy, président de notre association, et de la Maire du Neuf, les festivités ont commencé dans le joli petit théâtre de la mairie.

C’était super! D’abord, un apéro concert très rigolo avec les « Fouteurs de joie » de Nicolas Ducron. On a chanté en coeur des chansons prolos. Juste après, notre marraine Coline Serreau nous a présenté sa chorale, avec en intro « C’est quoi que ça raconte ». Faut dire que Bach en allemand et Offenbach en italien, fallait être une pointure pour comprendre l’histoire ! Cerise sur le gâteau, Coline a même chanté en duo… On s’est régalés et puis elle est trop sympa notre marraine !

Le temps de se diriger vers les salons Aguado, là où il y a l’expo photo des « Métiers de Théâtre », une surprise nous attendait : une drôle de performance des « Soeurs Bacanes » dans un gros ballon gonflable avec deux danseurs dedans. C’était tout mou et puis on l’a gonflé sous nos yeux. Magique, les acrobaties dans la bulle transparente. Et pour finir, un pot pour se retrouver, rigoler, papoter.

C’était jour de fête pour notre asso larueblanche-ensatt.com ! Merci à tous ceux qui ont  souscrit, aidé, soutenu. Sans eux, cet évènement n’aurait pas existé.

Nous l’avions rêvé, nous l’avons fait ! »

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| Anne Nathan – Janvier 2017 –
Contact mail : anne.nathan.b@gmail.com

l’Édito d’Anne /10

L’asso, c’est maintenant !   

Chapeau à L’expo photo.

Plus de temps à perdre. L’exposition « Métiers de Théâtre », organisée par notre association, a débuté dès le 2 janvier, ouvrant ainsi l’année sur la passion de huit photographes exposés à la Mairie du Neuf, pendant un mois, jusqu’au 3 février 2017.

Joli décor que ces salons Aguado, petit écrin aux allures d’hôtel particulier au sein de la Mairie du 9ème arrondissement de Paris. Parquets et moulures évoquent une précieuse odeur de mémoire de notre ancienne école de la Rue Blanche. Quatre espaces d’exposition dédiés à tous les mordus de la scène : costumiers, éclairagistes, scénographes, ingénieurs du son, décorateurs et acteurs.

De chaque photo émerge une puissante énergie. Le photographe et son sujet sont en osmose sur une passion commune : le théâtre. Embarqués dans l’image, nous sommes sur la scène, en coulisses, dans les cintres, aux essayages. Corps et âmes enchevêtrés dans le silence de la photo. Courrez-y !

Pour le vernissage du 5 janvier, des célébrités, Anatoli Vassiliev, Coline Serreau, Bernard Murat entre autres, étaient présents, tout comme nos partenaires de la Mairie, d’Audiens, de l’ENSATT ou du Conservatoire de Paris ou encore les centaines d’amoureux de la scène. Belle occasion de se réunir autour d’un verre, entourés de monstres sacrés! De bon augure pour 2017.

Janvier toujours. Notre asso, c’est aussi du lien : ne manquez pas nos trois rendez-vous pour s’interroger, débattre, découvrir.

– Le 28 janvier, nous partagerons nos interrogations sur « La solidarité dans le spectacle » avec le groupe Audiens, partenaire privilégié du spectacle.

– Le 29 janvier, nous écouterons une conférence autour de « La mise en scène », son histoire, son évolution.

– Et pour clore ses journées Théâtre, le lundi 30 janvier, nous découvrirons les jeunes auteurs de l’ENSATT, en compagnie de nos frères de la « Rue du Conservatoire » pour des lectures vagabondes. Suivies bien sûr d’un pot de clôture. Ainsi, pour nos premières réalisations, nous souhaitons partager notre enthousiasme avec vous pour une année 2017 riche en projets.

Enfin, un grand merci à tous ceux qui se sont mobilisés pour que nos premiers rêves deviennent réalité. Merci aux bénévoles, aux adhérents sans qui ces manifestations n’auraient pas vu le jour.

Et nul besoin d’être de la Rue Blanche pour nous soutenir, les adhésions 2017 sont ouvertes à tous.

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| Anne Nathan – Janvier 2017 –
Contact mail : anne.nathan.b@gmail.com

l’Édito d’Anne /9

Du Neuf au nord de Paris !

Une grande maison du théâtre va voir le jour :  La Cité du Théâtre.

Le théâtre a droit de Cité :

Les Ateliers Berthier, Porte de Clichy, au nord-ouest de Paris, font peau neuve et s’agrandissent.
Dans cette Cité du Théâtre, une grande salle modulable (500 à 600 places) va être créée pour répondre aux attentes des scénographes d’aujourd’hui. Ainsi le théâtre frontal se verra rivaliser par d’autres voies artistiques qui entremêlent l’espace et le vivant. Déjà, Patrice Chéreau s’y était promené avec « Phèdre », en son temps.
On avait déjà « le 104 » créé en 2008, au nord-est de Paris, qui propose un réseau d’art européen contemporain: musique, danse, vidéo, arts plastiques, performances de tous styles. On avait aussi le 105, à coté de celui-ci, qui accueille les amateurs.
Mais la grande nouveauté du projet « Cité du Théâtre », c’est son ambition, son envergure et l’association de deux des plus prestigieux théâtres parisiens, la Comédie Française et l’Odéon, à l’école du Conservatoire de Paris. Ainsi, cette mutualité d’intérêts sera un vivier pour les uns comme les autres. 20 000 m2 rien que pour le théâtre, de quoi rêver, non ?

Rendez-vous en janvier :

Neuf aussi, notre prochain événement du 2 Janvier au 3 Février 2017 que nous préparons au Neuf (mairie du 9ème arrondissement de Paris) :
Une grande expo photo sur le thème des métiers du théâtre,
des colloques, des lectures de nos jeunes auteurs,  une soirée festive autour des 75 ans de notre école… pour que nous, de « La rue Blanche et de l’ENSATT », nous montrions qui nous sommes et où nous sommes.

Décidément, voilà du neuf à l’horizon!

| Anne Nathan – Novembre 2016
Contact mail : anne.nathan.b@gmail.com

 

l’Édito d’Anne /8

Emotion à l’apéro, évolution à l’Asso !

Le lundi 26 septembre, c’était notre troisième Apéro Blanche, j’y étais, peut-être vous aussi. Ca fait du bien d’être quelques heures ensemble pour nous raconter, nous reconnaître. Nos corps, nos visages ont bougé depuis l’école et il arrive qu’on ne se reconnaisse pas instantanément. Pourtant en s’approchant, en se regardant, en parlant, on retrouve la mémoire de ce temps d’expériences communes baigné d’espoir. Nos corps aussi se souviennent du contact physique d’un partenaire sur scène, perception sensorielle au-delà de l’amour, que seuls les acteurs connaissent.
Heureux ou malheureux au temps de la rue Blanche, nous nous retrouvons aujourd’hui soudés dans une même histoire. Beaucoup de nos acteurs écrivent, mettent en scène, forment, jouent leur propre monde. Tous se débattent pour trouver des fonds à leurs projets. Chacun son circuit, ses réseaux et chacun pour soi. Pas nouveau !

Notre association est en marche pour trouver des partenaires et recevoir les initiatives de nos adhérents, petites formes, théâtre, vidéo, écrits, photos…, tout ce qui pourrait montrer notre dynamisme à l’heure où notre école fête ses 75 ans. Vous avez un projet en marche ? offrez nous votre temps de création pour échanger votre enthousiasme ou vos doutes. Car notre association
est là aussi pour ouvrir une parole vraie sur nous et notre part à la création d’aujourd’hui.

J’attends vos réactions sur Facebook ou mon mail pour échanger.

| Anne Nathan – Octobre 2016
Contact mail : anne.nathan.b@gmail.com

 

l’Édito d’Anne /7

 La rentrée, c’est engagée !

La rentrée ouvre le territoire de projets neufs, frais, engagés, incisifs, dans un environnement anxiogène dont nous devons rendre compte et nous libérer par notre art.

Fraicheur de la Comédie Française avec « Les Damnés » sur le terrain glissant des heures sombres du nazisme. Loin de l’idée poussiéreuse d’une institution immobile de répertoire, cette adaptation de Luchino Visconti a conquis Avignon. Neuf, ce spectacle au croisement du cinéma et du théâtre. Incisif parce qu’il s’inscrit en écho dans le trouble de l’histoire contemporaine. Merci à notre grande maison pour être dans la marche du temps.

Incessante insoumission d’ Ariane Mnouchkine qui nous propose sa dernière création pour octobre,« Une chambre en Inde ». Face à l’angoisse des chaos qui soulèvent le monde, le rire pour antidote…. Engagé encore, Joël Pommerat et son « ça ira », succès de cette année, qui revient sur la révolution française en mêlant acteurs professionnels et amateurs.
Neuves, toutes ces propositions de compagnies tracent dans l’ombre pour demain.

Et nous tous, artistes et artisans du spectacle, chercheurs de pierres angulaires porteuses de rêves, engagés a nourrir du réel pour transformer son poids en légèreté, engagés à être à l’écoute du monde qui nous entoure, nous devons nous insurger contre la violence, la douleur par notre interprétation, celle de la distance.
Entrons dans le coeur de l’histoire par toutes les portes, foisonnons les médias, servons-nous de tout ce qui nous tombe sous la main, choisissons et proposons un nouveau territoire engagé !

La rentrée 2016 est multiple, mixte, polymorphe. La couleur est à l’ apaisement, au questionnement, à la participation.

Oui, la rentrée est engagée… résolument !

| Anne Nathan – Septembre 2016
Contact mail : anne.nathan.b@gmail.com

 

l’Édito d’Anne /6

Météo d’été: Festivals plein Sud, grand sommeil ailleurs …

Le soleil et les festivals sont au sud. Certains d’entre nous sont déjà au festival d’Avignon, grand rendez-vous des producteurs et des vacanciers boulimiques de culture. C’est « the place to be » du spectacle vivant. Comme chaque année, tous navigueront du In au Off en quête de découvertes, d’innovations, de coups de coeur. Les artistes, particulièrement ceux des petites compagnies, compteront les spectateurs, soucieux de rentrer dans leur investissement, et espèreront une production pour faire vivre leurs spectacles. Tandis que le In et ses locomotives sont déjà programmés et concentrent le plus grand nombre de spectateurs, on peut s’interroger sur le marché du théâtre aujourd’hui. Spectacles en langue étrangère surtitrés ( cf Théâtre de l’Odeon à Paris) ou théâtres privés et sa flopée de stars, soudainement épris de théâtre. Spectacles pour les élites ou pour les aficionados de people en scène ?

Pendant que ce grand mercato bat son plein en Avignon, Paris et nos grandes villes de France n’offriront pas ou quasiment pas de spectacles de juillet à septembre ! Qu’en est-il des passionnés de théâtre qui ne partent pas en vacances ? Qu’en est-il des millions de visiteurs étrangers friands de culture française et qui trouvent les théâtres portes closes ? Cette trêve estivale dans nos théâtres nationaux a t-elle encore un sens en 2016 ?

Bien sûr, les théâtres sont régis par le cycle des saisons. Les équipes ont besoin de temps pour travailler à la saison suivante, elles ont besoin de souffler aussi, mais ne pourrions-nous pas envisager dans nos Scènes Nationales un relais d’été à production plus légère, une porte ouverte à des projets atypiques à petits budgets, en dehors des chemins d’Avignon ? Seuls les théâtres privés et les petites scènes poursuivent en juillet une programmation légère. Mais au mois d’août, plus rien également ! C’est le grand sommeil ! L’été n’est pourtant pas un temps mort, c’est plutôt un temps fort, souple et vivant.

Bonnes vacances à tous.

| Anne Nathan – Juin 2016
Contact mail : anne.nathan.b@gmail.com

 

l’Édito d’Anne /5

Nous partîmes cinquante …

Nous étions une cinquantaine à nous retrouver le mois dernier à ce premier Apéro Blanche de notre association au restaurant le XI Art. Nous vous attendons encore plus nombreux le lundi 20 Juin. Une salle au sous sol rien que pour nous ! Causer autour d’un verre, se retrouver, se rencontrer de génération en génération. Voir, entendre ceux de l’école, profs ou élèves, accueillir chacun comme un ami était un vrai moment de joie. Cimentés par la mémoire de l’école, nous nous sommes découverts adultes. Certains ne s’étaient pas revus depuis 40 ans. Il y avait même un ancien, élève en 1950, mais aussi des jeunes sortis récemment de Lyon.

Depuis l’école, qu’avons nous fait ? Avons nous suivi la route toute tracée? Pour la plupart, oui, nous sommes devenus ce que nous voulions être. Mais les métiers se transforment aussi, acteurs oui, mais auteur aussi, régisseur et scénographe, prof et coach, directeur de théâtre, marionnettiste… nous portons plusieurs casquettes pour poursuivre nos rêves. Et c’est cela que nous partageons dans l’association, un lien entre le passé et le présent. Ce souffle de notre mémoire d’élèves de la Rue Blanche-ENSATT qui fait de chacun de nous un frère d’armes.

Notre arme, c’est l’association qui, grâce à nos cotisations, peut proposer des actions, des expositions, des rencontres, des projets, des soutiens d’organismes. Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de trésorerie, plus nous pourrons agir pour le bien commun. Notre site est encore jeune et incomplet car nous sommes encore trop peu de bénévoles. Comme « la Rue du Conservatoire » a pu le vivre à sa création, il faut donner du temps au temps pour se multiplier. Ainsi nous avons le projet de nous associer pour des « lectures vagabondes » de nos auteurs maison, entre autres.

Adhérez c’est soutenir, pas besoin d’être ou d’avoir été à l’école pour aimer notre engagement.
Pas besoin d’être riche pour cotiser, pas besoin d’être célèbre pour proposer.

Communiquez dans votre réseau pour que vos amis nous rejoignent, professionnels ou pas encore, nous pouvons réaliser ensemble, échanger nos expériences, nos compétences, donner des conseils dans les moments délicats de notre vie professionnelle. Nous pouvons aussi nous regrouper pour voir nos spectacles à des tarifs préférentiels et commenter. Bref, nous pouvons nous rendre utile les uns aux autres.

| Anne Nathan – Juin 2016
Contact mail : anne.nathan.b@gmail.com

 

l’Édito d’Anne /4

On vaut mieux que ça !

Le spectacle est-il un divertissement ? Le divertissement est-il un spectacle ?
Pour beaucoup d’entre nous, aller au spectacle c’est s’évader du quotidien, rigoler, découvrir, s’interroger, grandir, dans le cadre d’une sortie au théâtre. À l’ère du divertissement, la télé, le Net, les réseaux sociaux s’emparent de notre plaisir en nous fourguant chroniqueurs, journalistes et autres célébrités du Paf, en têtes d’affiches de nos rêves ! Monopole des audiences: Plaza, Drucker, Poivre-d’Arvor ou Youtubers aux millions de vue… rois du marché du divertissement, Est-ce une soif d’égo qui pousse ces rois de l’audience à brûler les planches ? C’est vrai, avec eux, on se sent proche, on rigole, on est presque potes quoi ! Notre curiosité s’aiguise sur la personnalité de ces nouveaux acteurs et non plus sur le spectacle lui-même. Tu trouves qu’il est mieux qu’à la télé, semble la préoccupation principale?

Le plaisir du texte, de la mise en scène cède sa place à l’incarnation du connu, du Forget me not ! Comme si être en scène, tenir toute la place était l’objectif. Bref, on est en terre connue. Le spectacle n’est pas une terre connue ou tel ou tel acteur fait le buzz, mais plutôt un espace de questionnement livré aux artistes qui s’y consacrent.
Bien sûr, la célébrité remplit les salles et ne boudons pas notre plaisir de spectateurs ou d’acteurs qui avons la chance de partager un succès, ce plaisir gourmand d’être présent au Théâtre ce soir là, dans la communauté d’une représentation unique.

Choisissons nos célébrités, celles nourries au grain d’auteurs qui transportent nos papilles dans le courant des phrases, dans la joie du moment présent. Devenons intelligents, cultivés, interprétons le monde avec eux. Allons voir Torreton dans Cyrano, Isabelle Huppert dans Phèdre(s), si la notoriété nous rassure, nous élève, mais allons voir aussi ce qui se niche dans les petits théâtres.

Découvrons, cherchons l’inattendu, le plaisir surprise, cadeau de notre curiosité. Allons voir les petites compagnies, encourageons les petites salles qui ont l’audace d’y croire. Partageons les utopies qu’ils nous proposent. Suivons les acteurs, scénographes, auteurs, metteurs en scènes qui nous offrent une vision, une projection, une interrogation sur notre monde d’aujourd’hui. Suivons ceux qui, dans les écoles, ouvrent des vocations par la transmission de leur amour du Théâtre. Ne cédons pas aux sirènes du déjà vu, du déjà connu. Allons, faisons du Théâtre pour s’enivrer de beauté.

| Anne Nathan – Mai 2016

 

l’Édito d’Anne   /3

Cachez ce sein…

Eh oui, aujourd’hui encore, la censure prolifère dans le domaine du spectacle et de l’audiovisuel.
Il est des moralistes de bon ton qui voudraient que des sujets de société aux sombres allures (viol, homosexualité, suicide, trahison…) soient soustraits à notre regard de spectateur, au prétexte de perturber notre belle jeunesse. Nous assistons à cet angélisme pour « Plus belle la vie » à la télévision ou encore dans nos conservatoires municipaux où certains auteurs contemporains sont bannis des classes. J’ai moi-même été confrontée dans une de mes classes de théâtre à cette situation. Le texte retenu par le groupe a pourtant suscité des réactions pour le moins perturbantes. Il m’a été demandé de retirer certains termes « évocateurs de vices et de luxure » comme maitresse, garçonnière ou encore devoirs conjugaux. J’en suis restée abasourdie!

Confrontée à notre conscience d’artiste, devons-nous censurer les sujets, les textes ? Devons-nous nous coucher au pied de la bienséance ? Les plus belles pièces, de l’antiquité à nos jours, sont nourris de ces dérives humaines, de la trahison au crime. Ces conflits sont le souffle, la chair même de l’art. Que seraient la littérature, le théâtre, la peinture sans Madame Bovary, Macbeth, l’Origine du Monde de Courbet…, sans la farouche détermination de leurs auteurs ? Se sont-ils posés la question de leur légitimité face à la morale ? Sûrement non ! Les oeuvres d’arts font changer le monde parce qu’elles reflètent son changement. Rien, ni personne ne peut détourner de son cours une oeuvre. Elle devient aussi nécessaire et vitale que l’eau d’un fleuve.

| Anne Nathan – Avril 2016

 

l’Édito d’Anne   /2

De l’audace !

C’est notre temps ! Engagé dans un spectacle, un film, une émission de télé, on respire. Ouf, on a ses heures. Ou on fait partie d’une équipe dans le cadre de l’école. Tous ensemble sur le même objectif. Notre choix devient sens. Certains d’entre nous font carrière, mais pour beaucoup d’entre nous, la route est plus escarpée. La prestation terminée, c’est le vide, cette belle équipe n’est plus qu’une ligne sur notre CV. Alors, on se Facebook, on se Tweet, on se Snapchat, on se mail… Trop difficile d’avouer qu’on n’a pas de boulot après.

Reconnus ou pas par notre profession, nous avons tous traversé ces périodes. Et c’est là que nous devons convoquer l’audace ! L’audace d’être toujours en mouvement, de participer au projet d’un autre qui, comme nous, a besoin d’un autre pour construire. Fini la belle époque de « La rue Blanche » où un engagement était toujours rémunéré. Ce n’était pas la crise et il était impensable de travailler pour rien. Aujourd’hui combien d’entre nous acceptent un projet sans salaire ? Pourquoi ? Parce que l’aventure vaut le coup d’être vécue, parce qu’on est confronté à de nouveaux challenges, parce qu’on a l’audace de dire oui !

En nous rejoignant sur notre site, en devenant adhérents, vous devenez nos partenaires, notre soutien, et plus nous serons nombreux, plus nous pourrons agir. Agir pour que notre réseau ouvre des rencontres, des moments de réflexions, des plateformes d’actions conjuguées.

| Anne Nathan – Mars 2016

 

l’Édito d’Anne   /1

Être ensemble…

Passer par une grande école nous grandit, nous rassemble, nous bâtit.

Notre association ouvre un pont entre hier et aujourd’hui. Entre la rue Blanche Paris et l’ENSATT Lyon. Depuis bientôt vingt ans, l’école s’est installée à Lyon réunissant toutes les sections du spectacle vivant, artistes et techniciens. Avant, c’était à Paris, rue Blanche. Cet ancien hôtel particulier a forgé de nombreuses générations, dont un grand nombre représente le paysage d’aujourd’hui. La rue Blanche est aussi une histoire d’amour avec ce lieu magique d’où notre attachement à en faire notre site.

Comme notre première histoire amoureuse, cette école s’inscrit dans notre mémoire. Ciment de tout ce qui nous arrive ensuite. Avoir eu la chance d’être là cette année là, nous invite a vouloir raconter comment c’est, comment c’était. Et  surtout lutter contre l’isolement, communiquer entre générations pour partager nos expériences, nos succès, nos échecs, nos projets, trouver des partenaires, des conseils, des appuis. Bref, être ensemble !

| Anne Nathan – Février 2016
 
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