Carte « Blanche » de Sébastien Marc

En ce moment, tu fais quoi ?

SEBASTIEN MARC, élève REALISATION LUMIERE – Post-diplôme SCENOGRAPHIE ; promo 71

sebastien marc

Tu es sorti en juillet 2013 de l’Ecole ; comment s’est fait ce passage dans la vie active (facile, compliqué, violent) ?

Ma sortie a été repoussée d’un an, car suite à ma formation de Réalisation lumière j’ai fait un post-diplôme Scénographie d’un an.
Je voulais continuer d’étudier tout en cherchant du travail, approfondir mes connaissances scénographiques auprès de Denis Fruchaud, co-directeur du département scénographie. Denis fait partie de ces pédagogues généreux et bienveillants.

A ma sortie j’étais un peu perdu. Je ne savais pas comment ça allait se passer, mais je n’étais pas spécialement inquiet. Je n’ai pas trouvé du boulot tout de suite, mais ça n’a pas trop trainé non plus.
J’étais plus inquiet par les conditions de travail… au regard d’un des premiers emplois que j’ai eu en sortant.

Et comment ça s’est passé ensuite ?

Durant mon année de post-diplôme j’ai fait un stage avec Thierry Fratissier, intervenant lumière à l’école, qui m’a proposé de l’accompagner sur sa création lumière de Ylajali de Jon Fosse par la CIE Incandescence. J’ai donc assisté Thierry dans sa création et c’est à cette occasion que j’ai rencontré le comédien, metteur en scène, Gabriel Dufay, avec qui j’ai collaboré par la suite.
J’ai travaillé ensuite pour la CIE Antéprima, la CIE Esquimots, la Nouvelle Fabrique et des projets d’anciens élèves. Ce sont presque exclusivement des anciens de l’ENSATT qui m’ont proposé ces projets.
Jusqu’à dernièrement, un collègue de promo : Lucas Delachaux, qui n’était pas disponible, m’a recommandé auprès de Philippe Delaigue pour sa création Hors-Jeu d’Enzo Cormann.
J’ai surtout travaillé pour des compagnies. J’ai bien tenté de travailler pour des théâtres lyonnais comme régisseur ou électro, mais j’ai senti que c’était plus difficile d’entrer dans ces réseaux. J’ai tout de même travaillé à l’Amphi Opéra de Lyon, le Théâtre de Saint-Priest, et le Musée des confluences.

Tu fais des rêves parfois ?

Je rêve de pouvoir retravailler en tant qu’assistant créateur-lumière. Car cela permet d’aller plus loin et de nourrir sa réflexion sur le travail de la lumière en regardant l’éclairagiste « à l’œuvre », comme je l’ai fait avec Thierry Fratissier.
Je rêve d’apprendre encore en parcourant les différents métiers (créateur, régisseur, électro).
J’espère pouvoir continuer de penser la lumière et la scénographie…
Je rêve aussi d’avoir un peu plus de temps pour lire des livres sur la scène et la lumière et surtout du temps pour dessiner.

Raconte-moi ton arrivée à l’Ecole…

Je n’avais pas trop d’appréhension (je ne m’étais pas tellement fait d’idées sur l’école). Je sortais des Beaux-Arts, j’aimais la lumière et le théâtre ; l’ENSATT était un peu comme une évidence. Alors, sans bien savoir son fonctionnement, je me suis inscrit au concours… et j’ai été agréablement surpris d’être accepté.

Qu’est-ce que tu as le plus aimé à L’ENSATT ?

Ce que j’ai le plus aimé, et qui avait le plus de sens pour moi, c’est le travail avec les autres promos. De me lancer dans différents travaux (le travail à la table, les répétitions, le développement de mon propre travail).

Quelque chose que tu as moins aimé à L’ENSATT ?

La difficulté de travailler avec les autres dans le sens où le fonctionnement de l’école n’est pas forcement aménagé pour faciliter cette interdisciplinarité. Certains cours donnent l’impression de perdre du temps face à l’envie urgente de créer ensemble…

Un de tes plus beaux souvenirs ?

Peut-être la première fois où j’ai été content de la création lumière que j’avais faite ; un solo de comédien que j’avais mis en lumière. Le plaisir d’avoir appris des choses, et celui d’obtenir des résultats concrets.
Peut-être que si maintenant je revoyais cette créa je me dirais « c’est atroce ! ».

Un des tout bons souvenirs, c’est aussi le week-end à Berlin pour notre week-end d’intégration, avec les VINGT HEURES de bus qui nous y avait amené !

Un de tes pires souvenirs ?

Se sentir parfois « coincé » par certains cours, comme je l’ai expliqué avant.

Un souvenir qui ferait sourire toute ta promo ?

L’équipe des « Gary » ! La promo lumière 71: Garibaldi, Garicard, Grand-Gary, Gary-chauve, Garisto, Gariguette, avec nos petits pin’s sur nos casquettes de sécurité. Merci Florent Penide !

Si tu avais un prof ou intervenant marquant à évoquer, ça serait qui et pourquoi ?

Outre Denis Fruchaud et Thierry Fratissier,

Il y a Jean Claude Espardeilla, qui est un peu le savant-fou de la bande ; un homme passionné par son métier, et passionné de science, de chimie, un inventeur, un génie étrange qui a des choses à transmettre et il le fait avec intelligence et bienveillance.
Dans le même genre – de personne fascinante – il y a aussi Claude Chaussignand, le chef d’atelier de l’ENSATT, qui, dans son domaine, est aussi un inventeur, un bricoleur de génie.
Je suis fasciné par ce genre de personnes qui, en plus d’être doué, sont sympas.

Quelle personnalité du Spectacle correspond le plus à ta famille artistique en ce moment ?

Je me dis qu’en tant qu’éclairagiste je devrais être attiré par les choses spectaculaires, où la création lumière a de grandes libertés pour s’éclater, mais je suis de plus en plus séduit par le travail de la direction d’acteurs – quand elle est de qualité – et le fait de travailler avec Philippe Delaigue me donne envie de continuer dans cette voie, pour que la lumière mette subtilement l’acteur en valeur, tout en créant une homogénéité dans la mise en lumière du spectacle.

Une citation, une devise, une maxime, qui te porte ?

Quand la lumière ne se voit pas mais se ressent, c’est gagné.

Ah mince, j’oubliais : Et en ce moment tu fais quoi ?

En ce moment Je travaille à la création lumière et la scénographique de « Tirésias », un spectacle écrit et mis en scène par Philipe Delaigue qui se jouera à Avignon tout Juillet dans le théâtre Guilguamesh. Avec Héloïse Lecointre, Thomas Poulard et Jimmy Marais. Création sonore de Philippe Gordiani.
SEBASTIEN MARC ; élève REALISATION LUMIERE – Post-diplôme SCENOGRAPHIE ; promo 71


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Interview réalisée par Jimmy Marais | Juin 2016

 

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