Carte « Blanche » de Maxime Mansion

En ce moment, tu fais quoi ?

maxime mansionMaxime Mansion Comédien promo 71

 

Depuis ta sortie en juillet 2012, dans quels projets t’es-tu retrouvé ?

Dès ma sortie de l’école, j’ai intégré la troupe permanente du TNP dirigé par Christian Schiaretti. J’y suis resté trois ans jusqu’à juin 2015. J’y ai ressenti une vraie implication dans la vie Villeurbannaise, car lorsque tu es permanent il y a un lien qui se crée avec les habitants, et ça c’est formidable.
http://www.tnp-villeurbanne.com/
Puis, je me suis retrouvé avec les Tréteaux de France, dirigés par Robin Renucci, c’est aussi un théâtre extraordinaire, très populaire, aussi. On a fait une tournée en France avec L’Ecole des Femmes (Molière) M.E.S. par Christian Schiaretti. On transmettait aussi par des ateliers ; cela compte beaucoup pour moi de pouvoir agir dans les milieux scolaires avec des jeunes qui par ce biais-là peuvent s’ouvrir sur d’autres univers, d’autres mondes.
http://www.treteauxdefrance.com/
J’ai aussi continué un travail de laboratoire qui avait été lancé à L’ENSATT. Avec l’équipe constituée d’anciens élèves, on a travaillé sur une écriture au plateau où la lumière et le son ont autant de place que le texte dans la dramaturgie. Plateau nu, l’acteur utilise la technique du mime. La lumière crée l’espace et le mouvement, la scénographie et les accessoires sont pris en charge par le son, l’écriture vient donner la dimension temporelle et poétique. Le texte, « Baïnes » écrit par Adrien Cornaggia a été édité chez les Editions théâtrales (Il a gagné le prix des journées des auteurs de Lyon). Maintenant on cherche à le finir pour le festival d’automne 2017 de l’ENSATT.
http://www.lacordereve.com/baïnes/
J’ai créé avec Elisa Ruschke la compagnie LA CORDE REVE avec laquelle on a créé un premier spectacle (Le testament de venda, JP Siméon) Mise en scène par Elisa Ruschke.
http://www.lacordereve.com/le-testament-de-vanda/
Avec cette même compagnie j’ai créé le projet EN ACT(E)S, né du désir de créer un espace d’expérimentations, où des jeunes auteurs peuvent rencontrer des metteurs en scènes faisant partie d’autres réseaux afin que ceux-ci puissent faire appel à des acteurs avec lesquels ils n’ont pas l’habitude de travailler. Le lieu choisi fut « le Lavoir public », à Lyon, dirigé par Olivier Rey. La première édition a eu lieu en octobre 2014.
EN ACTE(S) est une sorte de dogme, il y a un cahier des charges à respecter.
– Faire du théâtre contemporain de tréteaux, à nu, comme ça, d’une façon « brut », sans scénographie ; ce sont les acteurs qui fabriquent le théâtre.
– 5 semaines d’écriture pour les auteurs, accompagnés du metteur en scène. (Ensuite le metteur en scène doit faire sa distribution).
– 3 semaines d’apprentissage du texte pour les acteurs.
– 1 semaine de répétitions avec le metteur en scène et l’auteur.
– 1 représentation.
– La pièce ne doit pas durer plus d’1 heure et doit être pour 5 acteurs maximum.
– Pas de scénographie de régie son ni de régie lumière ; tout doit advenir du plateau et être nécessaire.
– Les textes sont édités, illustrés par des graphistes et proposés lors des représentations.
Nous venons de faire un festival à Paris au Théâtre de l’opprimé, où les 8 textes qui ont été joués durant la dernière saison ont été joués pendant deux semaines ; le temps d’une édition spéciale du festival EN ACTE(S) au Théâtre de L’Opprimé.
J’aimerais créer un évènement une ou deux fois par an, avec chaque fois quatre textes joués autour desquels graviteront des ateliers et des rencontres.
http://enactes.jimdo.com/

Et en ce moment tu fais quoi ?

Je suis aussi en train de constituer l’association EN ACTE(S) afin de créer un regroupement d’auteurs, de pouvoir répondre à des appels à projets immédiats, de pouvoir donner des ateliers, et de pouvoir continuer à écrire, à sensibiliser et à diffuser les écritures contemporaines.
Actuellement la Compagnie La Corde Rêve vient de finir la création de « Berbéris », d’après la commande d’un texte fait à Karin Serre, mis en scène par Elisa Ruschke. Pauline Coffre et Elisa Ruschke y joueront deux jeunes femmes au bord de l’âge adulte.
On sort d’une dernière résidence à la Comédie de Reims, et nous avons déjà plusieurs dates prévues : Au Théâtre de l’Elysée de Lyon, puis à Reims dans le cadre du festival Méli’môme, en Mars, puis une tournée CCAS est prévue ainsi que des représentations dans un festival jeune public à Nantes en 2017.
http://www.lacordereve.com/berberis/
Je pars sur une création de la compagnie LALALACHAMADE, une compagnie stéphanoise dirigée par Sylvain Delcourt qui met en scène Figaro divorce de Ödön von Horváth. Le projet se jouera fin 2016 début 2017.
http://lalalachamade.fr/

Des projets en tête, envies futures, rêves, dont tu aimerais voir le jour ?

Je vais créer un projet avec Perrine Gérard (Autrice) qui se jouera à Villeurbanne en 2017. Basé sur des témoignages de gens qui ont vécu la seconde guerre mondiale et qui parlent de la résistance. Ça s’appellera « Lieux secrets », et l’idée est d’amener les gens à traverser les âges, de 1945 à aujourd’hui, en se demandant « qu’est-ce que ça veut dire s’engager, aujourd’hui » ?
J’aimerais convoquer quatre autres auteurs pour créer des contes contemporains en réunissant la matière des témoignages récoltés pour faires des lectures dans les lieux publics. Ce projet est en lien avec le TNP et l’association inter-quartier-mémoire de Villeurbanne.

Qu’est-ce que tu as le plus aimé à L’ENSATT ?

Ce qui m’intéressait le plus quand je suis entré à l’ENSATT c’est de voir réunis tous les corps de métier dans un même lieu.
Et ce qui m’a le plus intéressé ce sont les espaces de création, comme les ESSAIS ou les SOLOS où on a pu essayer des choses. Ces différents espaces liants différents métiers dans un même projet… c’était formidable. Cela permet d’avoir une conscience de la temporalité du travail de chaque métier.

Qu’est-ce que tu as le moins aimé à L’ENSATT ?

C’est justement la façon dont cette transversalité ne s’opère pas toujours, ou pas assez…

Un de tes plus beaux souvenirs ?

Le fait d’avoir rencontré l’équipe avec laquelle je travaille maintenant, c’est génial… de s’être marré, d’avoir pu essayer des choses pendant ces trois années.
Un souvenir particulier ?… pendant le stage avec Christian Schiaretti ; on commençait à bosser sur Claudel en lecture, j’avais un peu de mal à lire à voix haute, alors il me regarde et il me dit « toi t’es dans la merde…». Cette remarque m’a fait entrer dans le ludique des mots puisque la seule chose que j’avais c’était le théâtre. Je ne savais pas ce que c’était que la poésie, tout ça… il m’a ouvert un champ des possibles par le jeu. Je me suis dit « y’a tout ça qui existe »… ça, c’est un bon souvenir.
Y avait San Miniato aussi … mais il y en a tellement !

Un de tes pires souvenirs ?

Ouais… j’en ai un : mon arrivée à l’école. Je me suis senti très mal, et pas à ma place… voilà.

Quels profs / intervenants t’ont marqué ? Et pourquoi ?

Christian Schiaretti, car il m’a ouvert la porte d’un monde que je ne connaissais pas : la poésie, l’écriture en général… et ça, ça m’a marqué. C’était incroyable pour moi !

Un souvenir phare qui ferait sourire toute ta promo ?

(Il rit) Je ne sais pas si ça les fera sourire… mais un jour j’ai essayé de faire un monologue sur une slackline, donc en étant en équilibre sur ce fil tendu, comme un funambule. Je voulais travailler sur le fait de dire le texte en déséquilibre… voilà, je pense que ça peut les faire rire.

Quelle personnalité du Spectacle correspond le plus à ta famille artistique en ce moment ?

Robin Renucci pour son travail de directeur de structure, sa générosité, et son parcours d’acteur.
Christian Schiaretti pour sa sensibilité dramaturgique et de son regard aiguisé.
Joël Pommerat pour son travail d’écriture et technique.
L’endroit de recherche technique et esthétique d’Adrien Mondot dans les nouvelles technologies.
L’énergie déployée par le Nouveau Théâtre Populaire (NTP) ; je me retrouve vraiment là-dedans.
Frank Vercruyssen de TG STAN pour leur endroit de jeu.

Une citation, une devise, une maxime, qui te porte ?

« Comme j’ai un peu peur de la rupture d’anévrisme, bah j’ai envie de mourir heureux, et comme on peut mourir à n’importe quel moment, bah j’essaye d’être heureux tout le temps ».
Maxime Mansion, section comédien – promo 72


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Interview réalisée par Jimmy Marais | Février 2016

 

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