Carte « Blanche » d’Antoine Prost

En ce moment, tu fais quoi ?

antoine prostANTOINE PROST, élève REALISATION SONORE, Promo 73

 
 
 
 

 

Tu es sorti en juillet 2015 de l’école ; comment s’est fait ce passage dans la vie active (facile, compliqué, violent) ?

Ça a été plutôt facile et agréable parce que j’avais très envie de rentrer dans la vie active. J’ai eu la chance d’avoir très vite du travail en tant que régisseur sur un festival qui s’appelle « Les Nuits de l’Enclave », à Valréas. Ça s’est assez vite enchainé par la suite parce que j’ai travaillé au sein de l’ENSATT avec Adrien Dupuis-Hepner, puis je suis parti travailler à Paris et j’y ai rencontré pas mal de personnes.
Il y avait pas mal de projets qui étaient organisés avant ma sortie, tout s’est fait assez simplement, quoi.

Parfois je me suis retrouvé dans des situations un peu compliquées liées aux conditions de création, parce qu’il y a forcément des tensions, des gens créent ensemble donc on n’est pas toujours d’accord, c’est parfois difficile de s’y adapter mais une fois qu’on s’y est fait, qu’on a compris, ça va plutôt bien.

Est-ce que l’école t’avait préparé à ça ?

On y est confronté sur les ateliers-spectacles en troisième année puisqu’on a tous envie de faire valoir notre domaine propre. Mais on apprend ensuite qu’en amenant chacun une touche différente, personnelle, le projet global ne s’en portera que mieux ; on apprend à être au service du projet, pas au service de son domaine à soi, de son esprit artistique à soi.
On met notre esprit artistique et nos compétences techniques au service d’un projet porté par un metteur en scène.
J’ai eu la sensation d’avoir compris ce truc-là assez rapidement.

Et d’un point de vue factuel comment ça s’est passé ensuite ?

Plutôt bien. Jusqu’à maintenant j’ai eu de la chance, parce que je n’ai pas encore cherché de travail depuis que je suis sorti, (cela va faire bientôt deux ans), donc c’est plutôt cool… Cela s’est fait de rencontres en rencontres.

Et tu fais des rêves parfois ?

Des rêves ?… J’aime beaucoup les tournées. C’est assez extraordinaire, on a vraiment la chance dans ce métier de pouvoir faire ça,… d’aller de villes en villes, d’être très proche des équipes, de découvrir des gens, c’est vraiment super chouette !

Et ton arrivée à l’école ?

J’étais très heureux d’avoir le concours parce que je voyais ça vraiment comme un truc incroyable et puis les relations avec la promo ont été plutôt bonnes, on s’est plutôt tous bien entendus.

J’ai peut-être un peu déchanté quand j’ai compris qu’en première année nous n’allions pas bosser « toutes promotions confondues ».

Qu’est-ce que tu as le plus aimé à L’ENSATT ?

La reprise des ESSAIS en troisième année.
J’avais porté un ESSAI en deuxième année avec Clémence Longy intitulé « ENCORE » et on a eu l’opportunité d’être repris en troisième année avec un mois de répétitions et non-plus une semaine ! On a donc remonté tout un projet qu’on a joué une dizaine de fois en représentations publiques à l’école, et c’était vraiment une sacrée expérience, parce qu’on a réussi à faire un projet où on s’est vraiment amusé à le créer tout en transmettant ce qu’on voulait défendre théâtralement au public qui venait nous voir.

Et puis, le fait de travailler sur un mémoire, de passer six mois à effectuer une recherche personnelle, faire du son pour faire du son, pour soi, essayer des choses, les rater, en essayer d’autres et finir par la création d’un objet sonore et sa présentation, c’était vraiment une super expérience !

Quelque chose que tu as moins aimé à L’ENSATT ?

Comme je l’ai dit avant, le manque d’interdisciplinarité en première année.
Disons que c’est important qu’on fasse chacun notre chemin dans nos sections pour développer nos compétences artistiques et techniques, mais j’ai eu l’impression qu’on nous sous entendait, qu’il ne fallait pas « s’éparpiller en travaillant avec les autres sections », en tout cas en première année, mais cette déception a vite été compensée avec les ESSAIS en deuxième année, et puis la reprise des ESSAIS en troisième année, et puis les ateliers-spectacles et un peu les SOLOS quand on pouvait y participer.

Un de tes plus beaux souvenirs ?

Le moment où tu vas saluer devant les spectateurs en troisième année, pendant l’atelier-spectacle dans lequel tu travailles.

Il y a plein de très bons souvenirs ; les soirées entre copains, les moments de boulot, où, sur le moment, on en bave un peu, mais ensuite on s’en souvient entre amis, et les mauvais souvenirs en deviennent des beaux car on en rit, et parce qu’ils rappellent une certaine époque aussi…

Un de tes pires souvenirs ?

(Il rit) Il y a eu ce cour avec un intervenant qui nous avait fait un cours d’esthétique sonore pendant une semaine seulement. Le dernier jour il nous montre un film et nous dit « voilà vous venez de regarder le film, vous avez deux heures, faites-moi un récap’ sur le film par rapport à toutes les notions d’esthétique sonores que nous avons vues ensemble ». Deux heures pour gratouiller un truc sans avoir révisé… (Même si, après coup, ce n’était pas si violent que ça, sur le moment c’était un peu dur).

Un souvenir qui ferait sourire toute ta promo ?

Je dirais juste une phrase : « C’EST LA TOURNEE D’YVES FAVIER ! »

Si tu avais un prof ou intervenant marquant à évoquer, ça serait qui et pourquoi ?

Celui qui m’a peut-être le plus marqué c’est Michel Maurer, parce qu’outre le fait qu’il soit un grand praticien de théâtre en matière de création sonore il nous a suivi sur les trois ans, en faisant des bilans régulièrement. Il nous dirigeait un peu sur les ateliers-spectacles en première année, puis en deuxième quand on y bossait en tant que régisseur, puis en troisième année il était vraiment très présent puisqu’il nous accompagnait dans la création sonore de l’atelier-spectacle sur lequel on travaillait.
Je l’ai trouvé très bien car il n’est jamais venu me dire « c’est bien, c’est pas bien, je ne ferais pas ça… etc. », mais venait toujours poser des questions « Voilà, il y a ça ; qu’est-ce que t’en penses ? Est-ce tu veux ça ? ». C’était un véritable accompagnement. Ça m’a marqué, et encore aujourd’hui nous restons en contact.

Quelle personnalité du Spectacle correspond le plus à ta famille artistique en ce moment ?

J’ai vu dernièrement le Spectacle « Nobody », mis en scène par Cyril Teste, d’après un montage de texte de Falk Richter, avec le collectif MXM, qui faisait la captation vidéo, et le collectif La Carte Blanche, qui est constituée principalement d’anciens élèves de l’Ecole Nationale de Montpellier.
Le spectacle s’intitulait « performance filmique ». Les comédiens sont au plateau, dans un décor, et des caméras filment en direct ce qui se joue et qui est retranscrit sur grand écran juste au-dessus du plateau. Il y a donc création d’un film en direct au plateau.
Le spectacle m’avait beaucoup touché car le montage était vraiment très fort et l’objet produit était assez dingue.
Mon désir en ce moment se rapproche un peu de ça.

Dis-moi qui tu es entre un et six mots ?

Je dirais… plaintif, passionné – c’est compliqué de se définir soi-même – motivé, je-me-remets-en-question, j’aime-bien-la-vie. (Rires.)

Une citation, une devise, une maxime, qui te porte ?

« Qui va doucement va sûrement, qui va sûrement va loin ».
… mais là, j’ai l’impression d’aller trop vite ! (Rires.)

Ah mince j’oubliais : Et en ce moment tu fais quoi ?

Je pars en création à Avignon dans le cadre du festival émergence pour travailler avec un jeune metteur en scène qui s’appelle Yann Lesvenan et qui monte un texte qui s’appelle « Le chemin des passes dangereuses ».
Nous avons dix jours pour finaliser la création.

En parallèle, On vient de terminer la tournée d’un spectacle sur lequel j’avais fait la création sonore, « Cheerleader » de Karim Belkacem

Je travaille aussi en tant que régisseur son et vidéo pour une metteur en scène, Chloé Dabert, sur un spectacle intitulé « Nadia C » (Comme Nadia Comaneci, la gymnaste qui a défrayé la chronique dans les années 70).

ANTOINE PROST, élève REALISATION SONORE, promo 73

 


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Interview réalisée par Jimmy Marais | Mai 2016

 

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